C’est décidé, je pars en Canada !

C’est décidé, je pars en Canada !

Tu recherches un nouveau challenge, tu rêves du continent américain? Mbaye y est déjà, il nous raconte son expérience.

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Bonjour, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots? Quel est ton parcours professionnel?

Je m’appelle Mbaye, Je suis trentenaire. Je suis titulaire d’un Master de santé publique Nutrition Humaine complété par le DIU FARC. J’ai débuté ma carrière en tant que Attaché de recherche à l’INSERM en 2011 et puis j’ai décidé de partir m’installer au Canada en 2015.

Dans la province de Québec où je me suis installé, j’avais occupé dans un 1er temps un poste d’ ARC communément appelé ici Coordonnateur de recherche clinique (CRC) dans un centre de recherche clinique privé.

J’occupe actuellement un poste de superviseur de recherche clinique dans une CRO académique rattaché à l’université de McGill où j’ai 10 ARC sous ma responsabilité.

Pourquoi as-tu décidé de partir travailler en Canada?

Le choix de s’expatrier au canada repose avant tout sur des raisons familiales, personnelles et particulièrement sur l’envie d’avoir une expérience de travail internationale et de pratiquer mon anglais au quotidien.

Comment as-tu trouvé un emploi en Canada?

Quelques mois avant mon départ j’avais commencé à réseauter sur LinkedIn et à répondre à certaines offres d’emploi que je trouvais sur internet. Ceci m’avait fait développer des relations qui m’ont rendu d’excellents services aujourd’hui.

La recherche clinique est très développée au Canada avec beaucoup d’annonces d’offres d’emploi tous les jours. Un mois avant mon départ j’avais relancé quelques potentiels recruteurs pour leur faire part de ma date d’arrivée  car certains d’entre eux avaient répondu à mes candidatures en me demandant “Êtes vous résident permanent?  “Quand est ce que vous prévoyez venir”. Ceci donnait quand même espoir que la recherche d’emploi n’allait pas être trop difficile.

Une fois sur place j’ai mis à jour mon profil LinkedIn et adapté mon CV au modèle québécois. N’étant pas parfaitement bilingue j’avais choisi de m’installer dans la grande métropole de Montréal où francophones et anglophones se côtoient pour multiplier mes chances dans mes recherches d’emploi. Juste vous préciser que la majorité des offres d’emploi se trouvent  dans la métropole de Toronto et à  Montréal.

Avec un CV sous le modèle québécois et une lettre de recommandation fournie par mon ex Directrice d’unité à l’INSERM j’étais parti me présenter directement dans certains centres de recherche clinique à Montréal que j’avais contacté avant mon départ. 

 4 semaines après mon arrivée,  j’ai été embauché comme ARC dans un des centres de recherche clinique que j’avais contacté avant mon départ.

Quelles sont tes missions, en quoi cela consiste ? Est-ce qu’il y a des différences dans la pratique du métier en Canada?

Lors de mon premier poste, mes missions en tant que ARC étaient à coordonner un projet de recherche  du début jusqu’à la fermeture de l’essai.  En fait j’étais le chef de projet et mon équipe était constituée de 2 agents chargés des affaires réglementaires,  de 3 à 4 infirmières, de 2 agents de saisie de données et d’une assistante de recherche chargée de préparer les spécimen de laboratoire. Mon rôle était principalement de s’assurer que le projet roule bien selon les demandes des sponsors et en respectant les BPC, de s’assurer que toute la documentation requise par le sponsor/CRO est en place, de documenter les AE/SAE,  de vérifier la validité des données transmises au sponsor, de préparer les visites de monitoring d’audit et d’inspection. Je participais aussi à la rédaction des consentements.

En tant que superviseur de recherche clinique, j’ai 10 ARC sous ma responsabilité et mes missions consistent à superviser toutes les opérations cliniques, à négocier les contrats avec les sponsors , à rencontrer les investigateurs pour les aider dans leurs démarches,  à attribuer les protocoles aux ARC, à recruter et former les nouveaux ARC, à faire des SSV et participer au SIV, aux audits et inspections.

Concernant les différences :

Comme n’importe quel autre ARC, un ARC au Canada suit les BPC et les ICH-GUIDELINES pour effectuer son travail.  Il existe cependant des requis réglementaires spécifiques au Québec : Pour les établissements public participant à une étude multicentrique, un site lead est désigné par le sponsor. C’est le comité d’éthique de ce centre qui met son expertise non seulement au service de l’établissement dont il relève, mais aussi des autres établissements participants à ce même  projet. Cependant les soumissions réglementaires des centres de recherche clinique privées qui n’ont pas de Comité d’éthique interne sont gérées par le sponsor via un comité d’éthique central.

Dans le cadre des études pédiatriques, le consentement d’un des parents ou tuteur légal est suffisant.

Comment sont les Canadiens ? Est-ce facile de s’intégrer?

Les Canadiens sont généralement très accueillants et ouvert d’esprit.  Au Québec, le français qui y est parlé est un petit peu différent  de celui que l’on parle en France. A la clinique où je travaillais les investigateurs et mes collègues ont facilité mon intégration en m’apprenant des expressions québécoises à chaque fois que l’occasion se présentait. J’avoue que j’avais eu donc quelques difficultés de compréhension orale  qui se sont résolues au bout de quelques mois. Et finalement, je n’avais donc pas le choix de parler comme un québécois.

Les Canadiens sont méticuleux, professionnels et travaillent avec beaucoup de rigueur. Ils font de la recherche clinique une grande priorité scientifique.

Est-ce que tu as des conseils pour les ARC qui souhaitent partir s’installer en Canada?

Au canada,  c’est primordial de parler anglais pour pouvoir travailler en tant que ARC. Le fait de parler Français est cependant un gros atout pour les ARC qui souhaiteraient s’installer dans la province du Québec ou du Nouveau Brunswick.

Les autres conseils que je pourrais donner à un CRA qui veut aller s’installer au Canada est d’essayer d’avoir au moins une expérience de 1 à 2 ans, et de choisir de s’installer au début soit à Toronto ou à Montréal où la majorité des emplois se trouvent.

A Montréal si vous voulez travailler en tant que ARC hospitalier référez vous aux annonces du centre de recherche du CHUM , de Centre de recherche de recherche de l’hôpital Sainte Justine et de l’institut de recherche de McGill Universitaire Health Center.

Le fait de parler une 3e et 4e langue constitue également un gros atout vu le multiculturalisme du pays.

 Pour ceux qui veulent travailler dans le réseau privé,  les CRO nationales et les CRO internationales mais aussi les grosses  Pharma sont présentes, comme en  France.

Enfin niveau certification, il y a le SOCRA qui est très apprécié par les recruteurs. Il y a aussi le CRA school qui offre des programmes de formation en e-Learning et des activités de réseautages où on peut rencontrer des potentiels recruteurs.

Pour finir ce chapitre des conseils n’hésitez pas à accepter un poste de CRA I tout en sachant que l’évolution pourra être très rapide si vos compétences sont confirmées.

Quel salaire puis je m’attendre en partant en Canada par rapport au niveau de vie?

Au Canada, un CRA gagne généralement bien sa vie que ça soit dans le public ou le privé. En moyenne un CRA 2 qui travaille environs 40h par semaine peut gagner jusqu’à 1000$ par semaine. Avec l’arrivée massive de français et d’autres immigrants le coût des loyers devient de plus en plus élevé surtout à Montréal , ce qui pourrait avoir un certain impact sur le budget.

Quels sont tes futurs projets?

Pour l’instant je reste sur mon poste de superviseur pour renforcer mes compétences en management des opérations cliniques.

Et dans peut être 4 à 5 ans je souhaiterai monter ma petite CRO en Amérique du Nord/ Europe et en  Afrique pour essayer de référer de nouveaux défis.

Est-ce que la recherche clinique est un secteur qui recrute en Canada?

 Oui, je peux dire que la recherche clinique est un secteur qui se comporte bien au Canada. Le turn-over est très élevé dans certaines structures. Il y a beaucoup d’offres à pourvoir dans le privé comme dans le public. Cependant les recruteurs sont réticents à embaucher une personne sans aucune expérience professionnelle,  ni certification reconnue.

Comment as-tu préparé ton départ?

Quitter son job assez stable , quitter ses amis et sa famille pour aller s’aventurer au Canada n’était pas chose facile.  J’avais obtenu la résidence permanente depuis 2012 après environ 8 mois de paperasse. Mais ce n’est qu’en 2015 que j’avais pris la décision de partir m’installer, mais avant j’y avais passé des vacances pour explorer un petit peu le terrain.

Je sais maintenant que obtenir la résidente permanente n’est plus chose facile comme avant mais le programme PVT est encore là je crois bien et des journées emplois – Québec sont organisées 2 fois par an et c’est une occasion parfois de rencontrer de potentiels recruteurs dans plusieurs domaines.

L’ouverture d’un compte bancaire est  très facile. J’en avais ouvert un en ligne avant mon départ.   J’étais arrivé au printemps le temps de m’acclimater, et j’ai été hébergé chez des amis le temps de trouver un logement qui me convenait.

Les 3 choses que tu adores en Canada ?

1- l’état d’esprit des Canadiens

2- La facilité de trouver un  logement et  l’accès facile à la propriété

3-Les formalités administratives très simplistes

Les 3 choses que tu détestes en Canada?

1- Les grosses tempêtes de neige

2- l’état des routes au Québec

3- transports interurbains

Les 3 choses qui t’ont manqué par rapport à la France?

1- les amis proches

2- le jogging à l’extérieur toute l’année.

3- les transport en commun  interurbain ( TGV,  TER …)

Les 3 choses qui ne t’ont absolument pas manqué en France?

1- Les formalités administratives

2- Les grèves de la SNCF et RATP

3- L’état d’esprit de certaines personnes.

 

Merci à Mbaye pour cette interview. on te souhaite une bonne continuation et une belle carrière en recherche clinique!

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Si tu as des questions sur le métier d’attaché de recherche clinique ou sur une carrière dans la recherche clinique, tu peux la mettre dans les commentaires ci-dessous. Nous te répondrons dans les plus brefs délais. 

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Vanessa Montanari

Je suis Vanessa Montanari, attachée de recherche clinique, chef de projet et dirigeante, depuis 6 ans, de Pharmaspecific, ma propre société de prestation de services, en recherche clinique. www.pharmaspecific.fr

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